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ChelIa et les gardiennes Mérinides

ChelIa et les gardiennes Mérinides

On peut se demander si la ville que fondèrent les Carthaginois vers l’An 470 av. J.-C. « distante de deux jours de navigation après avoir dépassé les Grottes d’Hercule, une ville qui domine une vaste plaine et que nous appelâmes Thymateron », n’est pas l’ancienne Sala, le premier comptoir de la côte atlantique du Maroc.

On devait y pratiquer à cette époque toute sorte de commerce, notamment ceux de la gomme, de l’ivoire, de l’étain, de la poudre d’or et de la pourpre. Détruite durant les guerres puniques (146 av. J.-C.), Carthage, ses trésors et ses comptoirs revenaient au vainqueur. C’est ainsi que Chella devint à la fois colonie romaine et, encore plus riche, plus célèbre, plus opulente.
La position du site est idéale : elle domine la campagne. Protégée par des pentes abruptes, elle est cachée de la mer par un coude du Bou Regreg, le Sala fluvium.

L’entrée du fleuve est, d’ailleurs, rendue difficile par une barre semée d’écueils traîtresse pour celui qui ne connaît pas les passes. Mais cette barre franchie, s’étend une vaste plaine fertile où s’étale le fleuve.
La ville possédait en outre une eau claire pure et fraîche, celle d’Aïn Chella, Sous Rome, Sala se développa considérablement.
Pline nous a signalé que la plaine était souvent envahie de bandes d’éléphants qui furent malheureusement décimés pour leur ivoire ; elle devait aussi résister aux invasions de tribus nomades attirées par le pillage, les Autololes.
Plusieurs campagnes de fouilles attestent de la vitalité de Sala Colonia : on y a découvert quantité de monnaies, de lampes à huile, de vases, de céramiques, de statues, de bijoux tels que des fibules, des anneaux, des bagues, des colliers.

Parmi les grands monuments citons, un forum, les bâtiments de la Curie (Trajan 98-117 apr. J.-C.) où se réunissaient les assemblées. On distingue, à gauche du forum, les vestiges d’un arc de triomphe. On a découvert aussi un capitole. Le long du Decumanus Maximus, on a mis à jour des rues avec boutiques, des édifices privés. Le port ensablé n’a pas été encore dégagé.
Malgré le repli stratégique de la Maurétanie Tingitane, vers 285 apr. J.-C., il semble que Sala Colonia ait conservé son éclat jusqu’au IVe siècle car elle était facile à défendre. L’invasion des Vandales, en 429, ne semble pas avoir affecté le site. Durant cette période, l’influence romaine s’affaiblit peu à peu; la cité périclite et, sur son site, s’installent des tribus berbères. L’influence romaine disparut définitivement lors de l’invasion arabe de 670.

Le géographe El Idrissi qui visita Chella vers 1150 Y avait vu des édifices et des temples anciens. Mais déjà, un grand espace n’était plus couvert que de champs cultivés et de pâturages où les habitants faisaient paître leurs troupeaux.
Chella, d’après une tradition populaire, aurait retrouvé une nouvelle splendeur avec l’Almohade Yacoub El Mansour qui, séduit par le site, en aurait fait relever les murailles, y aurait fait construire un palais et souhaité y avoir sa dernière demeure. Il est cependant plus sûr d’affirmer que c’est le sultan mérinide Abou Youssouf Yacoub (1259-1286) qui fit édifier une petite mosquée funéraire pour sa femme Oum-EI-Izz en 1284. Plusieurs princes Mérinides devaient Y être inhumés dans les cinquante années qui suivirent.

Fès, ancienne des villes impériales

Elles sont quatre. Quatre cités où les grandes dynasties qui régnèrent sur le Maroc décidèrent d’élire résidence. Fès, la ancienne des villes impériales, Meknès, la prestigieuse, Rabat, la superbe, Marrakech, la plus belle la plus renommée.

Carrefour de la civilisation arabo-islamique, les heureuses lues le doivent à leur situation géographique mais aussi à un concours de circonstances. C’est vent ainsi que naissent les grandes Cités.

Fès, ancienne des villes impériales

Et si Moulay Idriss n’avait pas été chassé d’Orient, et s’il n’était pas arrivé au Maghrib El Aqsa et s’il ne s’était pas installé dans la région du Zerhoun à Volubilis et s’il n’eût pas un fils qui décida de fonder sa capitale dans la plaine du Saïs, de part et d’autre de l’Oued Fès … Si. .. et bien même si, Fès aurait vu le jour. Site accueillant, terres fertiles, de l’eau, beaucoup d’eau, qu’espérer de plus. Id riss Il a vu juste en faisant de Fès, en l’an 190 de l’Hégire, sa capitale. Ville coupée en deux, la Cité bâtie sur la rive droite prit le nom de Adwa des Andalous, celle bâtie sur la rive gauche, celui de Adwa des Kairouanai. A peine Idriss Il était-il en train de savourer son œuvre, de l’agrandir, de l’embellir que la mort l’emporta, il n’était âgé que de 35 ans. Mais ses successeurs terminèrent Je travail. Les Almoravides et à leur tête Youssef Ben Tachfine. Grâce à lui Fès devint capitale non seulement religieuse, mais également intellectuelle et artistique. Un rang qu’elle ne perdra jamais, car même si Meknès ou Marrakech attirèrent certains monarques, ces derniers ne laissent jamais tomber le berceau i1isation arabo-islamique au Fès, la bien-aimée. Cette comme du reste, toutes les villes marocaines antiques offrent un double visage, mais sans que l’anachronisme ne soit flagrant. Dans le Vieux Fès, l’histoire est racontée par chaque enseigne ou pavé ou encore édifice bravant le temps :El Ouaraouyine ou la Kasbah Filala, etc …

Dans le Vieux Fès, ce sont des siècle entiers que l’on remonte, non en raison de l’architecture seulement bien finie, mais aussi par la présence de ces artisans de père en fils dont le plus solide héritage est leur métier . leur Art. Si bien que Fès peut être considérée, plus que Marakech, comme la capitale de l’artisanat marocain. Des trésors inestimables sont là dans ce Vieux Fès : bijoux, bois sculpté, cuir travaillé.. Un régal pour les yeux.

Fes le Vieux et ses trésors surplombent avec suffisance mais sans arrogance l’autre Fès, le moderne.La ville Nouvelle, elle, contemple la ville ancienne avec ce respect qu’avaient jadis les élèves pour leurs maîtres. Ni ses artères illuminées nées, ni ses hôtels fastueux, ni se magasins de luxe, ni ses quartier résidentiels où les villas se suivent et ne se ressemblent pas (l’un chassant l’autre par sa beauté) rien, strictement rien de tout cela d’autres choses encore ne font oublier à la Ville Nouvelle et à ses habitants qu’il n’existe qu’un seul Fès: l’Ancien

A 60 kilomètres de Fès la Transcendante, se trouve une autre ville impériale, Meknès la discrète.